L’« Avenue de Paris » à Tunis rebaptisée « Avenue de Gaza »

Avenue de Gaza

Tunis le 22 mai 2021 – La nuit dernière, des militants de la Coordination de l’action commune pour la Palestine en Tunisie ont rebaptisé l’« Avenue de Paris », à Tunis, « Avenue de Gaza ». Ils entendent ainsi manifester leur solidarité avec les habitants de Gaza assiégés par un blocus inhumain depuis bientôt quinze ans. Cette action s’inscrit dans le cadre des nombreuses manifestations de solidarité du peuple tunisien envers la Palestine qui, faut-il le rappeler, subit depuis quelques jours une nouvelle agression barbare d’une violence inouïe, particulièrement à Gaza. 

L’« Avenue de Paris » se situe au milieu d’une artère importante de la ville de Tunis, entre l’« Avenue de la liberté » et l’« Avenue de Carthage » qu’elle rejoint au niveau du croisement avec « l’Avenue Habib Bourguiba ». C’est donc un lieu fort en symboles que la Coordination a choisi de rebaptiser ! 

Cet hommage à la Palestine martyre en dit long, aussi, sur l’indignation suscitée en Tunisie et dans tout le monde arabe par la politique israélienne de la France. Que la France se soit continûment alignée, depuis trois mandats présidentiels, sur la politique d’extrême-droite israélienne, qu’elle ait criminalisé la campagne de solidarité avec la Palestine au point que Paris soit la seule ville dans le monde où les manifestations contre le nettoyage ethnique israélien aient été interdites, tout cela a produit une faille profonde entre la France et les peuples arabes. Rappelons pour mémoire les derniers faits suivants :

– interdiction de la manifestation du 12 mai, suivie de l’arrestation et de la garde à vue du président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) ;

– interdiction de la manifestation du samedi 14 mai et harcèlement policier de ceux qui ont osé la braver ;

– interdiction de la manifestation du samedi 22 mai ; seul un rassemblement statique sera autorisé.  

Ces interdictions vont à l’encontre de l’esprit de l’arrêt rendu le 11 juin 2020 par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), à l’unanimité de ses juges, désavouant de manière cinglante les autorités françaises qui avaient, selon elle, violé la liberté d’expression de militants BDS ayant appelé au boycott de produits israéliens dans des supermarchés.

Nelson Mandela disait : « notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens ». La Coordination de l’action commune pour la Palestine en Tunisie demande donc expressément au président français Emmanuel Macron et à son ministre de l’intérieur Gérald Darmanin de respecter la liberté d’expression des militants pour la cause palestinienne en France et leur dit : « Gaza ! Gaza outragée ! Gaza brisée ! Gaza martyrisée ! Mais Gaza sera libérée ! Libéré par elle-même, libéré par son peuple avec le soutien des citoyennes et citoyens épris de liberté dans le monde, avec l’appui et le concours de la Palestine tout entière, de la Palestine qui se bat, de la seule Palestine, de la vraie Palestine, de la Palestine éternelle. »

Coordination de l’action commune pour la Palestine en Tunisie

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